Mariane en voyage

05 août 2011

La première de trois étapes

Ce matin, finir bagages et préparations. À la dernière minute, assise sur coin de mon lit à la vue désespérée de mon colocataire, une idée salvatrice pour ma performance. Oui, le voyage se sera finalement avéré être serein.

Première rencontre de mon périple, la belle Sara Létourneau. Nous avons fait route ensemble en autobus, bondé celui-là. D'ailleurs, j'ai été très agréablement informée que le jus de pamplemousse, dont j'en suis une des rares consommatrices selon le-dit informateur, affiche les propriétés d'antioxydant. Me voilà rassurée, non par cette tentative de conversation peu bien amenée, mais par mon alimentation saine ! Esprit tranquille, musique et coussin de cou gonflable au menu. Partir par grand soleil, remède efficace pour effacer la mélancolie du transport. On freine subitement sur l'autoroute entre Québec et Montréal : quelqu'un a tiré le frein d'urgence par mégarde dans les toilettes.

Paisible Montréal. Tu m'accueilles si bien en ce vendredi soir. L'auberge se trouve en haut de St-Hubert, ce qui implique une petite marche d'une trentaine de minutes à partir de la gare centrale. J'y ai déjà séjourné cet hiver. Je suis dans la même chambre, un dortoir pour filles de 3 lits superposés. Cette fois, j'occupe le lit du haut dans la cuisine. Il y a trois anglophones ici. J'ai discuté avec l'une d'elles à mon arrivée ; pas tellement rouillée après tout. Tout le monde est souriant, ça me manquait... Repas peu copieux en bas ; il y a des français, entre autres. Remonte en haut, plutôt :P

Le dépaysement me presse ! Demain à la même heure, Hôtel Ibis en terre colombienne. Arrrribaaa !

Buenas noches mi amigos XX

Quelques photos

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Bogotà, Colombia

Raison du voyage: Participation au festival interuniversitaire de performance UQAC/UNAL

Dates: du 6 au 14 août

Activités présentées: performance et présentation de la démarche artistique

Qui: 8 étudiants en art de l'UQAC, autant au bacc qu'à la maîtrise

Quoi: beaucoup de plaisir et le défi de la langue !

Posté par mari_trem à 08:53 PM - Festival interuniversitaire de performance - Commentaires [0]

29 mars 2010

Rencontres impromptues dans ma non-ville

Voilà que les semaines se mettent à filer comme l'éclair. Je me sens néanmoins un peu trop fatiguée pour profiter pleinement de mes fins de semaines. Il m'est difficile de rester cinq minutes debout sans endurer un mal de dos et de jambes atroces : mes genoux craquent même lorsque je suis assise. Quelle dégénérescence !

Mon samedi s'est malgré tout trouvé une activité. À deux heures trente, j'avais rendez-vous (un bien grand mot) avec l'amie de mon enseignant, qui oeuvre au Théâtre National de Strasbourg. Après moult difficultés à communiquer, nous nous sommes entendues pour la projection d'un documentaire sur le dramaturge allemand Heiner Müller, présenté au Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg et organisé par cette dame. Deux projections étaient prévues à l'horaire. Mais comme le samedi est la seule journée de la semaine où je peux faire mes courses, voyez les horaire d'ouverture des commerces différentes, elle m'a permis de quitter à l'entracte. J'ai cependant bien aimé cette vidéo, bien émouvante vers la fin, ce qui m'aide à mieux documenter mes connaissances en théâtre.

Avant de m'y rendre, j'ai vagabondé dans les rues de la Petite France, où je me suis arrêtée pour manger le meilleur kébab du monde. Légumes qui sentaient et goûtaient le jardin frais, pain juste à point tendre à l'intérieur et croustillant à l'extérieur. Je l'ai dégusté sur la terrasse malgré le temps gris. Wouf ! Un énorme chien me jappe après, mais ne le vois que lorsqu'il est arrivé à côté de moi ! Et ses maîtres de crier NON, vous croyez que cela peut l'empêcher de saliver ? J'ai répondu d'un petit rire nerveux à cette accroche canine. Il a bien eu raison devant un si appétissant sandwich...

Les boutiques cadeaux auront finalement eu raison de moi, en particulier pour...Hum vous le saurez bien assez tôt ! Au pied de la cathédrale, maints touristes au doigt sensible, au syndrôme boutonneux et à la gachette numérique, comme moi finalement. Tous ces vélos à la courbe généreuse n'attendent que la mire de mon objectif ; mes sujets préférés. Et les brocanteurs du marché public n'ont pas été épargnés. J'en connais certains qui s'évanouiraient devant les antiquités à bas prix présentées sur les trottoirs, la bargine assez facile aussi. Je parle en connaissance de cause car j'ai pu mettre à l'épreuve mes talents pour marchander. Dire que tous ces vendeurs se déplacent à chaque samedi pour étaler leurs vieilleries sur des tables sous des tentes puis remballent tout vers les 14h. Ça doit rapporter.

Et un arrêt à la sauvette à la boutique de la culture pour acheter des billets pour l'orchestre philarmonique de Strasbourg !! Malheureusement, les représentations d'opéra sont en stand-by jusqu'en mai, alors j'ai opté pour l'orchestre, et à tarif réduit en plus. 5 euros 50, environ 8$. Une réelle aubaine pour jouir des oreilles et bander des poils de bras (ok drôle de métaphore mais vous comprendrez mon enthousiasme). Donc mercredi soir, je serai assise sur un banc, devant quelques dizaines des meilleurs musiciens de la région, je n'en reviens simplement pas ! Des nouvelles à venir à ce propos.

Quelle autre rencontre impromptue ? Sortant de la supérette, je passe le coin de la rue et vois une collègue entrer dans un bâtiment. M'affairant à sortir mon pass pour entrer chez moi, je détourne le regard pour mieux voir où elle est entrée et je vois tous les autres debout devat la fenêtre qui me font des tata. Invitation à les rejoindre, je découvre le nouvel appartement d'une collègue...j'avais oubli que c'était son déménagement !  Pas d'inquiétude, elle avait préalablement refusé mes services pour ce déplacement de boîtes en masse.J'ai su du même coup où habitent trois personnes puisque colocs ou voisins de dessus/dessous. Assez drôle de tomber par hasard sur cinq personnes connues dans une ville inconnue.

Mon dimanche s'est vu passer parmi les expositions du MAMCS. Photos par-dessus photos. Là j'ai eu ma dose de noir et blanc !

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26 mars 2010

Résumé incomplet de ma 3e semaine

Mes efforts ont été  récompensés ! La deuxième maquette de la publication sur les résidences croisées Alsace/Québec nous est parvenue et c'est moi qui fut chargée de la correction. Ma collègue m'a fait entièrement confiance sur ce coup-là : dès qu'elle l'a reçue, elle m'a chargée de faire une lecture et d'envoyer les corrections pour approbation à l'artiste lui-même, puis au graphiste. Une fois la version récente reçue, j'ai effectué une relecture, puis contacté Langage Plus à Alma, ainsi que le CEAAC à Strasbourg pour leur approbation également. Elle n'a fait une lecture qu'une fois tout envoyé et elle a fait ajouter mon nom aux remerciements dans la publication ! Vous aurez bientôt la chance de voir un livre en provenance de France avec mon nom gravé sur une de ses pages.

Le Frac fait régulièrement des e-mailing à ses contacts, c'est-à-dire un petit communiqué électronique en courriel qui renvoie à une page d'informations sur leur site internet. Préalablement, ces communiqués doivent être créés dans un logiciel, puis transmises à celui qui s'occupe d'encoder ce visuel à l'adresse internet en question. Dans le cas présent, je me suis chargée de créer le visuel et de le transférer à la personne concernée. Il s'agissait d'e-mailing pour une exposition en Allemagne et d'une "sur-expo" sur celle actuellement présentée au Frac.

Enfin j'ai terminé de vérifier les valeurs d'assurances des oeuvres. La semaine prochaine, je serai la personne ressource pour la comptable de l'établissement, ma collègue étant absente pour la semaine. J'ai beaucoup à faire en ce moment et j'ai parfois l'impression d'avoir un peu de mal à gérer plusieurs projets en même temps sans ne rien laisser filer. C'est un petit moment d'adaptation, enfin le temps que je ne sois plus stressée de passer un coup de fil, ce qui est légèrement intimidant devant mes deux collègues qui partagent leur bureau avec moi. Mais je ne m'en sors pas trop mal à vrai dire. D'ailleurs, je commence réellement à prendre goût à la communication. Prendre un peu de crédibilité pour entrer en contact avec divers acteurs du monde artistique, voilà qui me plaît bien. Dans quelques jours, nous accueillerons un artiste montréalais, Sébastien Cliche, que j'ai rencontré il y a trois ans lors de la biennale Trafic'Art 4 de la Galerie Séquence où je travaillais. Il ne me reconnaitra pas, surtout en raison de mes cheveux, mais ce sera tout de même une bonne entrée en matière, d'autant plus que je connais un peu son travail ayant assisté à sa performance vidéo et sonore.

Et c'est la saison des amours ! Les canards de la rivière se battent pour une jolie cacane...

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23 mars 2010

Et pour trois !

Résumé incomplet de mon début de semaine.

Tout va bien au boulot. Je termine certaines tâches au fur et à mesure qu'on m'en apporte d'autres. J'ai transmis lundi en après-midi mon dossier de presse aux différents organismes concernés. Jusqu'à maintenant, je n'ai reçu que des éloges de leur part. Jamais je n'aurais cru créer un tel émoi avec un document aussi simple. Tant mieux.

Vérification des valeurs d'assurance en voie de finalisation. Ce matin, une belle grande cigogne se trouve à une quinzaine de mètres de moi, sur la pelouse près de la rivière à mon boulot. Elle s'élance et vole silencieusement au-dessus des maisons. Elle semble si gigantesque de son envergure, son ombre parcourt rapidement les toits. Je dîne au bord de l'eau, au soleil, je m'endors adossée à un puits dans la vieille ville, au soleil. La dolce vita.

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21 mars 2010

Troisième week-end en Alsace

Voici un petit résumé de ma fin de semaine.

Finalement, j'ai pris un rythme de sommeil où je me lève à 6h25 du matin. Donc les jours de congé, je me lève rarement au-delà de 8h. C'est bien, je peux partir mes journées du bon pied. Vous savez, les heures d'ouverture des commerces sont très différentes ici. Comme je rentre à 19h, tout est déjà fermé et le dimanche, rien n'est ouvert. Résultat, je n'ai que le samedi pour faire mes achats. Alors, j'en ai profité pour aller marcher dans l'autre partie de la ville, que j'appelerai la banlieue. Trente minutes pour me rendre à destination : Emmaüs. Désolée de vous apprendre que j'ai décidé, cette fois, de ne pas vous rapporter de cadeaux provenant des boutiques souvenirs. Ce sera du vrai de vrai, avec du vécu alsacien, voire allemand ou suisse, qui sait ?! Voilà, Emmaüs est en fait une grande surface de puces. Il y avait vraiment de tout dans celui-ci : meubles, vêtements, chaussures, vaisselle, livres, électroménagers...et kiosque à chemin de fer miniature pour collectionneur ! Je me suis bien amusée à essayer de trouver ce qui pourrait intéresser chacun, tout en ayant toujours en tête la contrainte d'argent et de poids (oui, il faut bien que je rapporte tout ça dans mon seul et unique bagage permis). Et j'oubliais de mentionner que tous les commerces sont fermés, bien-sûr sauf les rastaurants, entre 12h et 14h. Moi, bien entendu, je suis arrivée juste un peu avant midi. Un gros deux heures libre s'est présenté à moi. Manger ce n'est pas si long, je me demandais bien ce que j'allais pouvoir faire de mon temps. Dans un kebab, j'ai commandé un pide, le serveur me demande si je le veux aux quatre fromages et je dis oui. Dix minutes plus tard, lorsque ma commande est prête, on me tend une pizza aux quatre fromages. Moi qui croyait que l'on commençait à bien me comprendre, le doigt dans l'oeil ! J'avais pourtant bien articulé. On a refait ma commande avec un grand sourire, heureusement. J'ai longé la rue jusqu'au bout, croyant que c'était un cul-de-sac. Or, elle a débouché sur une belle rivière bondée de cignes. En arrivant entre les saules pleureurs, deux cignes atterrissaient devant moi, quelle aubaine. Puis je suis revenue sur mes pas vers Emmaüs, situé un peu en retrait de la route, entouré de champs. Je me suis allongée dans l'herbe pour relaxer juste à côté du rail. J'ai écorniflé un peu dans les environs. En fait, des parcelles de terres sont louées à des particuliers pour qu'ils puissent se bâtir un petit rangement d'outils et faire pousser un petit jardin. Un vieil homme m'a fait visiter le sien, m'explicant un peu pourquoi il coupait les branches de tel ou tel arbre, me montrant les abris pour animaux qu'il a construit, notamment pour les abeilles et les hérissons. Belle rencontre.

Dimanche, je suis partie tôt le matin dans une Galerie d'art à Strasbourg pour rejoindre le groupe avec lequel je partirais en bus un peu plus tard pour découvrir différents centres culturels/expositions de la région. Colmar, Mulhouse, Hégenheim et Altkirch furent nos destinations de la journée. Un programme très chargé, mais non moins intéressant. J'ai vraiment adoré découvrir tous ces beaux lieux de diffusion de l'art contemporain, ce qui m'a permis de constater toute l'énergie déployée à motiver les enfants/jeunes dès leur plus jeune âge à la réflexion et à la création artistique. Ce sont les futurs consommateurs d'art qui sont formés, une belle stratégie pour s'assurer du public et artistes de demain. Je crois que c'est un peu ce qui manque au Québec. Ici, les lieux de diffusion offrent des ateliers pédagogiques et de création, visites intra-muros et extra-muros. La communication se fait au niveau des écoles, voire va jusqu'à développer des partenariats directs entre élève et structures artistiques. Un point que nous aurions avantage à mieux/plus développer chez nous à mon avis.

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19 mars 2010

Pile deux semaines

Gros soleil aujourd'hui et un dîner sans manteau sur le bord de l'eau en avant du Frac avec l'équipe. Des kayakistes sont venus s'entraîner pendant que l'on mangeait. Agréable et paisible avant ce dernier après-midi de la semaine. Je suis allée me prendre une baguette flambée (pain, lardons, oignons et fromage) à La Fringale, un resto rapide comme on les connait, mais qui sert toutefois du fast-food français. Un régal.

J'ai profité de cette fin de semaine pour aller au cinéma. Mon choix s'est arrêté sur Océans. J'avais une envie folle de manger du pop corn et j'en ai donc commandé un gros baril. Oups, c'était du pop corn sucré ! Bizarre comme choix, surtout que ce n'était pas indiqué. Un bon film pour tomber amoureux de cette étendue d'eau salée, et se détester tout autant.  Émouvant, touchant et prise de conscience. Surtout parce qu'en rentrant, j'ai dégusté des petites sardines aux tomates en boîte. 

Le film terminé vers 8h30 et le prochain train à 9h15, j'ai eu un peu de temps pour vagabonder dans Sélestat à la fraîche de la nuit tombée et prendre quelques photos. Un peu inquiétant le soir avec ces jeunes gens qui parlent fort et qui t'adressent un mot mal prononcé. Bonne idée de ranger mon appareil à l'approche de quelqu'un. L'heure approchant, je vais prendre place sur un banc sur le quai de la gare. Petite musique et la voix enregistrée de dire de se tenir éloigner du bord car un train est à l'approche. À l'approche oui ! En un rien de temps il passe à pleine vitesse devant moi, bouche bée (et oreilles bées à cause du bruit). Très impressionnant ce train à grande vitesse, d'autant plus accentuée par mon immobilisme sur banquette.

Jeudi soir, le pot hebdomadaire des collègues. Cette fois-ci un peu plus motivée, je discutai avec ferveur de notre cher Canada avec qui me posa quelque question. Voilà l'effet de l'alcool sur moi, j'en ai radotté un bon coup à ces pauvres Français ! Ils ont quand même eu l'air d'avoir apprécié, surtout mon accent en fait. Or, j'ai rencontré des personnes très sociables avec qui j'ai terminé la soirée au Kitchen Bar, sorte de bistrot des années 50. On y a joué au babyfoot, de manière un peu molassonne dois-je avouer. Belle soirée.

Au travail, mon patron me félicite. Très attentionné, même si je ne l'ai croisé seulement que trois fois à la sauvette. Hier, montage à Burnhaupt le Haut. Très rapide à trois filles : on a monté trois grosses pièces 2D et une série de trois petite photos. C'est grâce à l'efficacité du système d'accrochage qu'on a pas eu besoin d'homme pour ces oeuvres d'une lourdeur ma foi assez impressionnante pour tenir sur un mur. Puis, assignées à la vérification des données monétaires relatives aux acquisitions d'oeuvres depuis environ vingt ans à des fins d'assurances, la stagiaire et moi nous sommes ralliées à cette tâche qui semblait être insurmontable. J'avais prévu au moins une semaine pour m'acquitter de ce projet. On commence en effet à m'assigner des responsabilités de plus longue haleine, demandant plus d'autonomie et d'assurance. C'est ainsi que je continuai la concoction de ce dossier de presse, m'appelant à entrer en communication avec divers agents culturels reliés de près ou de loin à cet évènement. Justement, après avoir parlé au téléphone avec la graphiste de la ville, ma collègue m'avoue qu'elle adore m'entendre passer des appels, car ça lui fait bizarre d'entendre l'accent québécois dire qu'il travaille dans la boîte, car maintenant je me présente en tant que Mariane Tremblay du Frac Alsace, avec mon adresse courriel personnalisée. Ça me fait un petit velour !

Et aujourd'hui, personne ne m'a demandé de me répéter. Beau travail ! Je commence à être assez épuisée, car arriver dans un lieu où tout est à bâtir, adaptation en accéléré à la vie, à la ville, aux gens, au travail et même à adapter son langage, demande un surplus d'énergie outre celui déployé à la vie quotidienne. C'est comme le choc de passer de l'adolescence à l'âge adulte, où l'on commence à devoir compter sur soi-même et à tout apprendre de la vie d'adulte. Rester six semaines sur place implique de vite s'adapter, car sinon je n'aurai eu le temps de commencer à m'y plaire que je devrai déjà quitter. Je dois réajuster tous mes repères et faire abstraction d'une bonne partie de mes habitudes. Une déstabilisation presque complète : je ne suis pas dans un pays si étranger après tout et je suis même déjà venue ici deux fois !

Dire que la semaine prochaine, j'en serai déjà à la moitié de mon stage. À peine j'y serai entrée, j'aurai apprécié mes collègues et mon boulot que je serai repartie. Mais tout n'es que positif, j'adore mon stage autant que j'adorerai ce qui suivra : ma petite visite en Bretagne et la découverte de quelques pays frontaliers.

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15 mars 2010

Que d'infos pratiques

Lors de ma balade dans Strasbourg, j'ai appris que ces jolies maisons à poutres en bois se nommaient «maisons à colombages». Dans des temps plus anciens, on payait pour notre construction en fonction de l'étendue de terrain. Or, petit moyen de contourner la règle, on faisait empiéter le deuxième étage un peu au-dessus de la rue, «en saillie sur le rez-de-chaussée». C'est ce que l'on nomme l'encorbellement. Voire, toute une symbolique est intégrée à l'architecture : généralement sous les fenêtres des chambres, sont incrustées des formes de losanges en bois, destinés à apporter la fertilité dans le ménage, ou encore des formes semblables à des chaises romaines ramènent directement au signe de puissance. Il est quand même rare de trouver tout un système de significations à même l'extérieur d'une maison.

Capitale européenne et capitale de l'Europe, Strasbourg est une ville plus qu'intéressante à découvrir, dont le centre-ville a été entièrement classé patrimoine mondial de l'humanité. D'ailleurs, ça vaut la peine d'aller voir la liste des sites classés patrimoine mondial de l'humanité, il n'y a que des images fabuleuses. Cette ville, à la fois chargée de l'histoire française et allemande, porte la richesse d'une culture maillée. Fait cocasse, plusieurs rues portent le nom de la fonction qui leur était destiné (rue des cheveux, rue des tanneurs, rue des bains, etc.). Or, la «rue des Veaux» n'a jamais vu un seul bovin piétiner son pavé. Plus exactement au treizième siècle, on nomma cette rue en l'honneur d'une famille noble strasbourgeoise, soit la famille Kalb. Après que l'Alsace ne soit redevenue française, le mot allemand Kalb fut traduit par veau et, par le fait même, la rue Kalbsgasse par rue des Veaux.

Au travail

C'est avec grand plaisir que j'accomplis les nouvelles tâches que l'on me donne au Frac. Une petite pause parmi tout ce classement de dossiers d'artistes dans les archives, un peu de rangement dans les réserves. Aussi dois-je préciser que mon stage s'effectue à la régie des oeuvres et à la communication, toutes tâches confondues. J'oeuvre là où il y a du boulot.

Donc, quant à la communication, on m'a demandé hier d'entrer en contact de toute urgence avec une galerie d'art afin d'obtenir une image haute qualité d'une oeuvre qui fera sujet d'un article très prochainement. Dans les circonstances, j'ai été contrainte de laisser un message sur la boîte vocale de l'artiste en question. Il a bien dû rire de m'entendre, moi la petite Québécoise semi-bègue et peu affirmée que je fus à l'autre bout du fil. Vous savez avec toutes ces formules de politesses, de présentation et ajoutez à cela la contrainte d'articulation des mots et de formulation des phrases afin qu'il comprenne ce que je tente de lui communiquer sans avoir à écouter cinq fois le même message, ça devient assez stressant de parler à un répondeur. Le métier va commencer à entrer. Les gens s'habituent peu à peu à mon accent et moi j'arrive à emprunter le leur : on arrive à un juste milieu.

Sinon, j'ai terminé la mise en forme du dossier de presse d'un évènement à venir au mois de mai. Rester assise pendant deux jours a varié un peu mes activités, jusqu'ici assez mouvementées. Cet évènement fait partie de la Nuit européenne des Musées ; mon travail ne concerne que la région et non l'échelle nationale. Dès que l'information pourra être médiatisée, je mettrai le lien pour vous diriger vers mon beau dossier.

Ce matin encore, nous sommes parties toutes trois à Châtenois pour monter une exposition dans un collège. Que des oeuvres en deux dimensions, deux polyptiques et un dessin grand format. Nous avons particulièrement installé cette oeuvre (Supporters 1) de cette artiste (Françoise Petrovitch). Je tiens à le souligner car je suis littéralement tombée sous le charme de son univers. Et le beau boulot de précision dont j'ai fait preuve en installant ces dix cadres à 1 cm de distance entre eux. (Un dernier truc très utile au technicien en montage en vous : lorsque vous percez un trou dans un mur, collez avec du ruban-cache sous l'emplacement en question une petite pochette de papier qui accueillera avec plaisir toute la poussière et autres désagréments. Il fallait vraiment y penser !)

Déjà trois articles de presse ont été rédigés suite à l'exposition que j'ai aidé à monter à Volgelsheim. Je peux bien prendre une toute petite partie des crédits, d'autant plus que ma photo y est parue !

Posté par mari_trem à 10:11 PM - Commentaires [1]

14 mars 2010

Balade dans Strasbourg

Samedi, j'avais prévu aller au cinéma, mais la fatigue, le temps pluvieux ont eu raison de moi et je suis restée à la maison à clapoter sur mon clavier. Que de dépit, moi qui suis dans un pays de l'autre côté de l'océan et qui n'ai pas l'envie de découverte du monde.

Ne vous en faites pas, mon dimanche s'est vu reprendre le temps perdu. Mercredi, la coordinatrice des projets initiés par le réseau art contemporain d'Alsace TRANS RHEIN ART m'avait proposé de se donner rendez-vous en fin de semaine pour me faire découvrir un peu la ville. Cela s'est fixé à  ce dimanche 16h à la statue de la Place Kléber. Nous avons donc marché pendant une heure environ, pour terminer notre tour de ville dans un café-spectacle, L'Artichaut. Flan caramel et tisane au lait chaud.

C'était vraiment bien de rencontrer quelqu'un avec qui je pourrai désormais partager quelques activités, comme le cinéma, le magasinage et les visites à Emmaüs (un genre de friperie, meubles, livres usagés et plus encore). Nous sommes passées devant une boutique de mobilier design où j'ai pu sortir quelques noms de designers célèbres. Rectification : en donnant des mots-clés, elle a pu sortir des noms de designers célèbres. Je dois dire que mes cours sont un peu loin dans mon esprit en ce moment et qu'elle a surtout suivi une formation dans ce domaine, chose qui aide un tant soit peu.

Bref, une belle petite journée relaxante, précédée d'une session de lavage.

Posté par mari_trem à 10:24 PM - Commentaires [2]

12 mars 2010

Un vendredi très tranquille

Ayant prévu une réunion pour le lendemain, on m'a tout de suite assigné quelques tâches à réaliser le jeudi. Toute l'équipe absente sauf la secrétaire en cette dernière journée de la semaine, j'ai eu à ranger un peu dans la Photothèque. C'est dans ce lieu que sont gardées les archives concernant les artistes dont les oeuvres font partie de la collection, ainsi que toutes les publications du FRAC et le matériel audiovisuel. J'ai rangé un peu les fils et les boîtes vides dans de nouveaux bacs de plastique.

Puis, nous avons réceptionné les oeuvres démontées la veille à Lutterbach. Du personnel de l'école était en charge du transport des trois oeuvres: un tableau, une sculpture et un triptyque sculptural. J'aurais pu faire le constat d'état, qui consiste à noter les bris qui auraient pu être affligés aux oeuvres pendant le prêt. Or, je n'étais pas en possession des documents et je n'avais pas encore reçu l'information nécessaire. C'est donc la régisseuse des expositions qui s'en est chargée.

J'ai également eu droit de me servir parmi tout l'éventail de publications. J'en ai choisi un peu, beaucoup. Jamais je ne pourrai tout ramener dans ma valise, alors je vais refaire une sélection à la maison, où j'aurai le temps de mieux les étudier.

Le reste de ma journée s'est droulé paisiblement à épurer les dossiers administratifs de tout document de presse pouvant être classé dans les archives de la Photothèque. On a pris un petit quinze minutes là-dessus pour me faire découvrir le logiciel de gestion des oeuvres de la collection. Très intéressant. J'espère que j'aurai à l'utiliser en cours de stage, mais cela m'étonnerais qu'ils me laissent y saisir des données. Nous verrons bien, cela ne fait que commencer !

Posté par mari_trem à 09:59 PM - Commentaires [1]